FRANÇAIS D’ICI ET D’AILLEURS

  • Parfois amusante, toujours enrichissante, la langue française!
    Voici des expressions qui ne sont nullement pareilles pour évoquer des réalités qui, elles, sont pareilles!

  • L’équivalent du proverbe québécois « Faute de pain, on mange de la galette », qui signifie qu’il faut se contenter de ce que l’on a, à défaut de mieux, est « Faute de grives, on mange des merles » en français européen.

  • Lorsqu’on déploie de grands efforts pour faire quelque chose, « on se casse le cul » en France, alors qu’au Québec, « on se le fend ».

  • Vous devez vous dépêcher pour arriver à temps ?
    Au Québec, on vous dira, de manière quelque peu vulgaire, de « vous grouiller le cul ».
    En France, vous devrez « vous magner le cul ».

  • S’il vous arrive de vous sentir mal à l’aise à cause d’une situation embarrassante, vous vous efforcerez sans doute d’en sortir. Vous vous « démènerez comme un diable dans l’eau bénite », dira-t-on au Québec. Une version quelque peu différente, en France, car vous vous « démènerez comme un diable dans un bénitier ».

  • Vous avez assurément joué à ce jeu de ballon lors de votre passage à l’école primaire qui consiste à éliminer l’équipe adverse en les touchant par le ballon lancé sur chacun des membres.
    Au Québec, c’est le « ballon-chasseur », alors qu’en France, on le désigne plutôt comme le « ballon-prisonnier ».

  • Le liquide destiné à vous rincer la bouche et ainsi vous rafraîchir l’haleine après un bon brossage de dents est une « eau dentifrice », en France.
    Chez nous, au Québec, c’est un « rince-bouche ».

  • Au Québec, pour qualifier quelqu’un de naïf, qui n’est pas très malin, on dira qu’« il n’a pas inventé le bouton à quatre trous », alors qu’en France, on dira plutôt qu’« il n’a pas inventé le fil à couper le beurre », ou encore qu’« il n’a pas inventé l’eau tiède ».

  • Pour souligner la qualité d’un service, on donne volontiers un pourboire.
    En France, « on donne la pièce ».
    En Afrique, « on donne un matabiche ».
    Et en Belgique, « on donne une dringuelle ».

  • Pour exprimer le fait que l’on change d’opinion, de croyance, ou de parti, on « vire son capot de bord », au Québec.
    En France, on « retourne sa veste » ou on « tourne casaque ».

  • « Se faire du mauvais sang, se faire un sang d’encre, se ronger les sangs », voilà autant d’expressions familières pour exprimer le fait qu’on s’inquiète terriblement.
    En France, lorsqu’on se fait du souci, on dira aussi « se biler ».
    Tandis qu’au Québec, on dira « se faire du sang de cochon » ou « se faire du sang de punaise ».

  • « Il fait caillant. » Voilà une expression belge qui signifie « Il fait très froid. » En bon québécois, on dira « Il fait frette en calvette. »

  • En Belgique, lorsqu’on réprimande quelqu’un, on lui « passe un cigare ».
    Au Québec ou en France, on lui « passe un savon ».

  • Si je mets de « l’huile de coude », en France, afin d’accomplir une tâche, cela signifie que j’y mets toute l’énergie nécessaire afin d’y parvenir.
    Au Québec, on y met plutôt du « jus de bras ».

  • « Faire de l’esbroufe », c’est essayer d’en imposer, se vanter, en France.
    Au Québec, on dira « péter de la broue ».

  • La neige entassée par le vent, les souffleuses, les pelles et les déneigeuses représente le « banc de neige » au Québec; la « congère » en France; la « gonfle » ou la « menée » en Suisse.

  • Sur les routes de la Belgique, il convient de mettre votre « clignoteur » avant de changer de voie, de tourner à gauche ou à droite.
    Nous, au Québec, on mettra notre « clignotant ».

  • « Il drache », en Belgique. « Il pleut à verse », ailleurs.

  • Si on vous dit que votre gâteau au chocolat est « crapuleux », en Belgique, c’est qu’il est tout simplement « délicieux ».
    Au Québec, familièrement, on dira qu’il est « écœurant ».

  • Si on vous dit que votre gâteau au chocolat est « crapuleux », en Belgique, c’est qu’il est tout simplement « délicieux ».
    Au Québec, familièrement, on dira qu’il est « écœurant ».

    Cependant, un crime crapuleux a bien le sens négatif que l’on connaît.

  • Si ça ne vaut rien, alors « ça ne vaut pas tripette », en France.
    En bon québécois, on dira « ça ne vaut pas de la chnoute ».

  • La « névasse », c’est une neige gorgée d’eau, souvent sale et produisant des éclaboussures.
    Au Québec, on dira familièrement la « sloche », la « gadoue ».
    En Suisse, c’est la « tiaffe ».

  • Lorsqu’on éprouve une grande satisfaction, on va se « péter les bretelles », au Québec.
    Cela peut également vouloir dire se vanter.
    Ailleurs, on va tout simplement jubiler ou s’enorgueillir, selon le contexte.

  • Lorsqu’on est en colère, en France, on est « en pétard ».
    Ici, au Québec, on est plutôt « en maudit ».

  • En France, « vous faites la lippe », nous, au Québec, « nous faisons la baboune ».
    Cela signifie « faire la moue, bouder ».

  • Dans un match de soccer (ou de foot) en Belgique, la « latte » représente la barre transversale; « le grand rectangle » c’est la surface de réparation; « une montée de jeu » c’est un remplacement; « tirer sur le piquet » indique le poteau; et un « partage » c’est un match nul.

  • « Il lui manque un bardeau », dira-t-on au Québec. 
    « Il lui manque une case », dira-t-on en France.
    « Il n’a pas toutes ses frites dans le même cornet », dira-t-on en Belgique.
    Voilà autant d’expressions pour dire que quelqu’un est un peu fou, ou encore simple d’esprit.

  • En France, « se faire une tête », c’est se maquiller de façon à se faire une physionomie particulière.
    Au Québec, c’est se faire une idée, une opinion sur quelque chose.

  • En Belgique, quand quelqu’un « tire son plan », c’est qu’il se débrouille seul.
    Ailleurs, on dira qu’il se tire d’affaire, il s’arrange, il se démerde.

  • À l’heure du brunch, au Québec, on peut opter pour du « pain doré ».
    En Suisse, ce sera de la « croûte dorée ».
    Alors que dans le nord de la France, on dira du « pain crotté ou ferré ».

  • Au Québec, on dira « C’est une Québécoise pure laine. »
    En France, on dira plutôt « C’est une Québécoise pur sucre. »

  • « Ne pas être fait en chocolat », au Québec, c’est ne pas être trop fragile (pour sortir sous la pluie, par exemple).
    En France, on dira plutôt « Ne pas être fait en sucre ».

  • Pour entamer la journée, rien de tel qu’une bonne « tasse de café ».
    En Belgique, on prend une « jatte de café ».

  • Parmi les ingrédients d’une recette de dessert, on y retrouve parfois du sucre en poudre.
    Au Québec, on utilise le terme familier « sucre à glacer ».
    En France, c’est du « sucre glace ».
    En Belgique, on emploie le terme « sucre impalpable ».

  • Pour ramasser les petites particules qui se déposent sur le plancher, on utilise un « porte-poussière », au Québec.
    On dit plutôt une « pelle à poussière », en France.
    En Belgique, on utilise un « ramasse-poussière » ou une « ramassette ».
    Alors qu’en Suisse, on dit une « pelle à cheni ».

  • Au Québec, lorsqu’on fait une chute, on « prend une débarque ».
    En France, on « prend une gamelle ».

  • Lorsque le café est trop léger et sans saveur, on dit que c’est du « jus de chaussette » ou de « l’eau de vaisselle », au sens figuré.
    En France, un café qui est imbuvable, c’est de la « lavasse », alors qu’en Belgique, c’est de la « lapette ».

  • Si vous êtes de ceux ou celles qui recherchent les aventures amoureuses, on dira, au Québec, « courir la galipote ».
    En France, on dira plutôt « courir la prétentaine, le guilledou ».

  • Lorsqu’il pleut abondamment, on dira « il pleut à plein ciel, à torrents, à verse; il pleut des cordes. »
    Au Québec, on dira « il pleut à boire debout ».
    On dira également « il pleut à siaux », mais en France on dira plutôt « il pleut à seaux ».
    Toujours dans un registre familier, et particulièrement en France, on dira « il pleut des hallebardes » ou « il pleut comme vache qui pisse ».